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Wall Street secouée par la crise turque finit en baisse

Wall Street secouée par la crise turque finit en baisse

Vendredi, Wall Street a terminé en baisse, affectée par les frictions entre les États-Unis et la Turquie et l’effondrement de la monnaie turque, la livre. Cette situation a incité les investisseurs à se tourner vers des valeurs refuges, propulsant ainsi le dollar à un haut niveau depuis plus d’une année.

Conséquence des tensions entre Washington et Ankara

En fin de journée vendredi, l’indice Dow Jones affichait une perte de 196,02 points (0,77 %) à 25.313,21, pendant que le S&P 500 enregistrait un recul d’environ 20,31 points, donc 0,71 %, à 2.833,27. Quant au Nasdaq Composite, il a abandonné 52,67 points (0,67 %), à 7.839,11. C’est la première semaine où le Dow et le S&P-500 ont tous les deux enregistrés une baisse, après avoir été en hausse durant cinq semaines successives. En faisant un récapitulatif de la semaine, le Dow s’est lesté de 0,6 %, le S&P-500 0,3 %, tandis que le Nasdaq a connu une progression de 0,3 %.

Avec le regain des tensions entre les États-Unis et la Turquie, la livre turque a accusé un net repli de l’ordre de 18 %, chutant de ce fait à un plus bas record face au dollar. Ces tensions se sont accentuées à partir du moment où, sur soupçon de terrorisme, le gouvernement turc a placé Andrew Brunson, un pasteur évangéliste d’origine américaine, en résidence surveillée. Vendredi, Donald Trump a déclaré le doublement des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium provenant de la Turquie, mettant encore plus la pression sur le président Recep Tayyip Erdogan.

Une grande horreur du risque

L’incident diplomatique entre les deux pays a alimenté la crainte des investisseurs étrangers qui déplorent au passage l’autoritarisme grandissant du président Erdogan. David McKnight, conseiller chez David McKnight & Co, a estimé que la crise de la monnaie n’était en fait qu’une crise bancaire et qu’avec la Turquie débitrice de plusieurs banques, un probable risque de contagion existait réellement. Les investisseurs ont alors préféré se tourner vers des valeurs refuges dont le dollar, ainsi que les dettes d'État. Le responsable de la stratégie chez Prudential Financial, Quincy Krosby, a déclaré qu’il s’agissait là d’ « un mouvement d’aversion au risque classique » et que tout le monde s’inquiétait des dommages de nature collatérale et des répercussions sur l’Europe. Il a ajouté que « les banques cèdent du terrain parce que le rendement des Treasuries à dix ans a baissé ».

En effet, la rentabilité des bons du Trésor à 10 ans a chuté à 2,855 %. Le dollar, fidèle à son rôle de valeur refuge, est parvenu à un plus haut niveau depuis 13 mois par rapport à une multitude de devises de référence, passant largement au-dessus de la barre des 96 et gagnant par conséquent 0,75 %. Le yen a également pleinement rempli son rôle de valeur sûre et a atteint un haut sommet d’un mois à 113,38 vis-à-vis de la devise américaine.

Lundi 13 Août 2018 La Rédaction