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Ubisoft dans la vague #MeToo: l'action de l’éditeur de jeux vidéo en chute libre à la Bourse de Paris

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Dimanche, Ubisoft a annoncé le départ de plusieurs cadres après qu’une enquête ait été menée sur les accusations de « mauvaise conduite et de comportements inappropriés ». Chez l’éditeur de jeux vidéo, la semaine démarre donc avec un énorme scandale de harcèlement et d’agressions sexuels. Si les prochaines ventes d’Ubisoft ne semblent pas être menacées, l’impact sur le cours de l’action de l’entreprise à la Bourse de Paris a été immédiat.

« Des changements importants pour améliorer et renforcer sa culture d’entreprise »

Dans la nuit de samedi à dimanche, Ubisoft a publié un communiqué qui révèle les « changements importants » visant à « améliorer et renforcer la culture d’entreprise ». Des changements actés par la démission de plusieurs hauts cadres.

Le premier à partir n’est autre que le directeur des studios d’Ubisoft au Canada, Yannis Mallat, dont la démission est à effet immédiat. Pour expliquer ce départ, l’éditeur explique : « les récentes allégations apparues au Canada à l’encontre de nombreux salariés ne lui permettent pas de continuer à assurer ses responsabilités ».

La démission du directeur créatif d’Ubisoft Serge Hascoët, quant à elle, est à effet immédiat. L’intérim sera assuré par le PDG d’Ubisoft lui-même, Yves Guillemot.  Cécile Cornet, la responsable monde des ressources humaines, a également été donnée sa démission « dans l’intérêt de l’unité du groupe ».

Ubisoft explique que cette vague de démissions fait « suite à un examen rigoureux que la société a mené en réponse aux récentes allégations et accusations de mauvaise conduite et de comportements inappropriés ».

Fin juin, plusieurs témoignages anonymes d’ex-employés et d’employés du groupe avaient été diffusés sur Twitter, accusant les cadres des studios canadiens, des États-Unis, du Brésil et de la Bulgarie. Pour la plupart, il s’agit de fait remontant à plusieurs années.

Garantir désormais « un environnement de travail sûr et inclusif »

C’est l’objectif que s’est assigné le PDG du groupe, Yves Guillemot, qui regrette les événements survenus. « Tout comportement toxique est en opposition totale avec les valeurs avec lesquelles je n'ai jamais transigé et avec lesquelles je ne transigerai pas », ajoute-t-il. Par conséquent, il entend superviser lui-même « une refonte complète du mode de collaboration des équipes créatives ».

Ces réformes passent notamment par la restructuration et le renforcement de la fonction des ressources humaines. Le patron a également annoncé qu’auraient lieu des audits et des améliorations des procédures et politiques y afférentes. Il conclut en affirmant : « Je suis plus que jamais déterminé à mettre en œuvre des changements profonds afin d'améliorer et renforcer notre culture d'entreprise ».

Impact financier du scandale

Numéro 3 de l’industrie des jeux vidéo, l’entreprise française compte 22 % de femmes sur ces 18 000 employés à travers le monde. L’impact financier de cette affaire a été immédiat. Lundi 13 juillet, l’action Ubisoft à la Bourse de Paris était en baisse de 9 % à l’ouverture.

Voilà qui vient creuser davantage le fossé des pertes enregistrées par l’entreprise sur son exercice 2019 – 2020 et qui est estimée à 126 millions d’euros. La dépréciation des actifs dans le jeu mobile n’a pas aidé à remonter la barre. On estime à 14% la perte subie en un an sur un chiffre d’affaires de 1,6 milliard d’euros.

Lundi 20 Juillet 2020 La Rédaction