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Sony sur la pente descendante

Sony sur la pente descendante

Nous possédons tous, ou avons tout du moins possédé, un produit Sony. Ordinateur, netbook, lecteur dvd, console de salon, matériels hifi, smartphone. Difficile d’imaginer le géant japonais dans la tourmente. Et pourtant, ses résultats sur son dernier exercice comptable (04/2013-03/2014) annoncent les prémices d’une chute si une restructuration n’est pas réalisée ou si une réorientation de ses produits n’est pas mise en place.

Le dernier exercice comptable, des chiffres dans le rouge

Une perte nette de près d’1 milliard d’euros. C’est le bilan de l’exercice comptable écoulé pour le géant Sony, malgré un chiffre d’affaires en hausse de 15%. Un bilan qui aurait pu être pire s’il n’y avait pas eu une dépréciation du yen, ce qui a permis de grossir les revenus dans les autres devises. Symboles de cette pente vertigineuse, le segment « écran plat », un des produits phares du japonais, enregistre pour la dixième année consécutive des pertes, pour un total de 790 milliards de yen (soit plus de 6Mds d’euros) sur la décennie ; et le segment PC, en pleine restructuration. Une restructuration qui entraînera dans quelques semaines la cession de la marque Vaio et de ses sous-divisions à un fond d’investissement japonais Japan Industrial Partners pour environ 50 milliards de yen, soit 400 millions d’euros.

La diversification sauve les apparences

L’augmentation du CA de Sony tient aux ventes de sa dernière console de salon, la Playstation 4. Mais même ce produit phare du divertissement engendre des pertes de 8Mds de yen (64M€) dûes aux dépenses marketing qui lui permettent d’être le plus gros vendeur de consoles dans le monde ; des pertes néanmoins largement inférieures à celles de ses prédécesseurs PS2 et PS3. L’abandon des pc pèse donc sur les résultats. Ses ventes ont chuté de 30% ces deux dernières années. Mais les PC n’étaient qu’une source de pertes ; Sony ne disposait que 2% de part de marché sur le secteur. Une bonne politique que de stopper l’incendie avant qu’il ne soit trop tard, à l’image de Dell, ou de Samsung qui continue désespérément de tenter de persévérer sur les PC mais qui a misé avec réussite sur les tablettes. Seuls Apple et le chinois Lenovo arrivent en effet à voir leurs ventes d’ordinateurs progresser. Ces pertes sont amoindries par la forte croissance (environ 70%) des ventes de smartphone, même si le marché semble stagner et la concurrence s’accroître et des tablettes avec des ventes en hausse de 50%. Sony se positionne donc dans le haut de gamme afin de rester sur un marché, qui s’essouffle certes, mais porteur. Mais si Sony n’est pas (encore) en faillite, c’est uniquement grâce à ses services de films et musique, et à Sony Bank. Son activité de service financier et ses assurances automobiles permettent de tirer un profit a cru de 30% l’année dernière. Ces deux services s’imposent aujourd’hui comme une activité essentielle pour Sony pour que le géant reste accroché au navire

Les répercussions immédiates

La restructuration de l'entreprise et une nouvelle direction à prendre seront sûrement les clés de la survie de Sony. Kaz Hirai, président du groupe, ainsi qu’une quarantaine de hauts responsables relèvent donc les manches et font d'ores-et-déjà passer l’intérêt de la société plutôt que leurs intérêts personnels en divisant leurs salaires par deux ! Des dirigeants qui renoncent à leurs bonus et des cadres qui réduisent leurs salaires sont assez rares pour être soulignés. Ce sont tout de même pas moins de 5000 emplois qui seraient supprimés d’ici avril 2015, essentiellement dans les segments TV et PC. En effet, les prévisions pour l’exercice comptable en cours prévoient un perte de 50 Mds de yen.

Mercredi 21 Mai 2014 La Rédaction