Dimanche 17 Novembre 2019

Rubrique Entreprises

Selon Pannier-Runacher, Le prochain DG de Renault ne sera pas forcément français

Selon Pannier-Runacher, Le prochain DG de Renault ne sera pas forcément français

Vendredi dernier, Renault a démis de ses fonctions de directeur général Thierry Bolloré, successeur de Carlos Ghosn à la tête du groupe automobile français. Dans une déclaration à Reuters, la Secrétaire d’État, Agnès Pannier-Runacher, a affirmé que le choix du futur directeur général de Renault sera effectué sur la base d’atouts tels que l’expérience dans le domaine de l’industrie et celui de la transformation des entreprises. Il s’agit, selon elle, de critères qui primeront sur celui de la nationalité.

Un nouveau souffle opérationnel pour Renault

Thierry Bolloré, ayant succédé à Carlos Ghosn, a été démis de ses fonctions de DG par le groupe automobile français vendredi dernier. Renault a justifié cette décision par sa volonté de donner un nouveau souffle opérationnel aux activités du constructeur ainsi qu’à son partenaire Nissan qui a, lui aussi, depuis peu, adopté une toute nouvelle direction générale.

D’après les déclarations d’Agnès Pannier-Runacher auprès du ministre de l’économie, l’État, qui détient 15 % du capital de Renault et qui est, de ce fait, le premier actionnaire, aborde le sujet avec l’esprit très ouvert. Selon elle, le critère de nationalité n’est plus aussi prépondérant dans la désignation du prochain patron de Renault.

En faisant référence à la nomination de l’ancien patron d’Air Canada, Ben Smith, la Secrétaire d’État affirme que la recherche d’un meilleur profil pour la direction d’Air France, dont l’actionnaire principal était là encore l’État français, en est le parfait exemple.

Elle a ajouté que c’est le profil qui prime sur tout le reste et même la nationalité. Pour Renault, la priorité sera de rechercher le profil qui sera capable de porter le groupe automobile français. Il devra également être capable de jouer un rôle prépondérant dans l’alliance entre Nissan et Renault alors même que les deux groupes automobiles abordent un virage vers une transformation importante.

Renault face au nouveau tour de vis de la règlementation européenne

Le choix du futur patron de Renault est d’autant plus important que les constructeurs automobiles européens doivent faire face au resserrement de la règlementation sur les émissions de polluants. À cela s’ajoute le ralentissement généralisé du marché de l’automobile qui force les constructeurs à réaliser des économies d’échelle afin d’être en mesure de continuer leurs investissements dans les nouvelles technologies.

Pour l’heure, l’intérim de la direction générale de Renault est confié à Clotilde Delbos, la directrice financière du groupe automobile français. Elle sera entourée de deux autres directeurs généraux adjoints avec lesquels elle composera jusqu’à ce que le successeur définitif à Thierry Bolloré soit trouvé.

D’ores et déjà, la recherche du futur directeur général ou de la future directrice générale a déjà été lancée. Cette mission a été confiée, selon une source proche de Renault, au cabinet NB Lemercier & Associés, créé en 2006 par Brigitte Lemercier, experte en recrutement de grands dirigeants. Cependant, au regard des difficultés rencontrées, l’éventualité que celui-ci ou celle-ci soit désigné à l’interne est très peu probable.

La mission de garantir la succession à la tête du groupe, en vue de la préservation de l’alliance Renault-Nissan, avait été confiée à Carlos Ghosn, à l’occasion de son renouvellement de mandat en début d’année 2018. Ce programme n’avait été entamé que tardivement par l’ancien homme fort du groupe français, se contentant de nommer Thierry Bolloré alors qu’il a été brutalement arrêté en novembre 2018 au Japon pour des faits de malversations financières.

Mardi 15 Octobre 2019 La Rédaction