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Révocation de Carlos Ghosn par les actionnaires de Nissan

Révocation de Carlos Ghosn par les actionnaires de Nissan

Réunis en assemblée générale extraordinaire ce lundi à Tokyo, les actionnaires du géant automobile Nissan ont pris la décision de révoquer le mandat d’administrateur de Carlos Ghosn, rompant de facto de façon officielle les liens du constructeur Nippon avec l’homme d’affaires qui, pendant 20 ans, l’a dirigé.

Jean-Dominique Senard élu membre du conseil de Nissan

Déjà évincé de la présidence de Nissan à la suite de sa première arrestation en novembre 2018, le géant industriel Ghosn, vient « d’être mis à la porte » par les actionnaires du groupe qui ont exprimé tout leur désarroi, de même que leurs inquiétudes après sa nouvelle incarcération le jeudi 04 avril 2019, sur des soupçons d’enrichissement personnel aux frais de Nissan. Ce dernier réfute toujours l’ensemble des accusations dont il fait l’objet et prône haut et fort être la cible d’un complot élaboré par le conseil de Nissan qui souhaite bloquer un projet d'intégration plus approfondi avec le constructeur français Renault. À l’entame de l’assemblée générale extraordinaire qui a rassemblée le nombre inhabituel de 4.100 actionnaires, Hiroto Saikawa a exprimé ses regrets et ses excuses aux actionnaires du groupe. Il a, à nouveau, fait part de son choc lorsqu’il a appris les résultats des investigations internes menées par Nissan et qui a révélé au grand jour les présumées malversations. Les débats ont, par moment, été assez houleux, entrecoupés de commentaires critiques. L’un des actionnaires a même accusé le patron exécutif de l’entreprise d’être au courant de tout depuis le départ et a estimé qu’il devait lui aussi « être tenu pour responsable ». En dehors du renvoi du magnat français de l’automobile, l’AG a validé l’élection de Jean-Dominique Senard, le président de Renault, en tant que membre du conseil d’administration.

Méfiance de plusieurs actionnaires

Les actionnaires ont également voté pour l’exclusion de Greg Kelly, le bras droit de l’ex-PDG de Renault, du conseil d’administration du concessionnaire nippon. Celui-ci est accusé de complicité aux côtés de son ancien patron et nie, lui aussi, la totalité des accusations qui sont portées contre sa personne. Les avocats de Ghosn ont laissé entendre que la nouvelle mise sous les verrous de leur client n’est qu’une tentative pour le faire taire puisqu’il devait s’exprimer jeudi prochain au cours d’une conférence de presse. Mardi 09 avril 2019, le Club de la presse étrangère au Japon (FCCJ) devrait diffuser une déclaration vidéo du franco-libanais. Hiroto Saikawa a affirmé que Nissan ne prévoyait pas de demander des dommages et intérêts à Ghosn pour une supposée inconduite financière et a également fait savoir aux actionnaires qu’il était hors de question que Nissan lui verse des indemnités de rupture. Il semblerait que la descente aux enfers de Ghosn, l’un des plus célèbres chefs d’entreprises au monde, ait laissé perplexes quelques actionnaires de Nissan comme Roberto Montaya, qui a affirmé être méfiant. Carole Ghosn, la femme de Carlos, a quitté le Japon à la hâte le jeudi 04 avril 2019 alors que les procureurs souhaitaient l’interroger. D’après ses dires, une vidéo dénonçant les responsables des déboires de son mari sera rendu publique demain.

Lundi 8 Avril 2019 La Rédaction