Dimanche 16 Décembre 2018

Rubrique Economie

Recherche Steve Jobs

Recherche Steve Jobs

L’expression peut paraître étrange, mais pourtant ce sont bien les termes utilisés par le Japon qui s’est mis à la recherche d’inventeurs, de créateurs, de novateurs capables de révolutionner la technologie.

Le Japon veut son スティーブ· ジョブズ (Steve Jobs). Le créateur d’Apple jouit depuis longtemps, et encore aujourd’hui, d’une affection et d’un attrait sans équivalent sur l’archipel nippon.

Des entrepreneurs

De la bouche même de Yoshitaka Shindõ, le Ministre japonais des Affaires Intérieures et Communications, Jobs était un « grand entrepreneur, mais il avait une personnalité unique ». Et c’est ce que recherche le Japon, qui souhaite financer 10 projets par an pour tout novateur présentant un "projet capable d’amener la technologie vers de nouveaux sommets".

Des candidats créatifs et bizarres

Le ministère japonais est conscient qu’il ne faille fermer la porte aux créatifs, bien souvent considérés comme farfelus. C'est donc bien la direction que souhaite prendre le Japon afin de rentrer sur le secteur de l’innovation et de se reposer sur des hommes qui souhaitent « changer le monde ». L’objectif : que le prochain Steve Jobs créé au Japon ! La croissance est certes en hausse (estimation de 6% de croissance pour 2014), mais ceci est essentiellement dû au changement de TVA qui a précipité les achats des ménages jusqu’au 31mars et qui masque le ralentissement réel de cette croissance. Non, le Japon ne sera pas au niveau de ses « glorieuses », mais souhaite y revenir ; et c’est donc sur l’innovation et des entreprises créatrices à la pointe et en avance que le gouvernement repose sa stratégie de relance.

Concurrencer le Brésil

La croissance brésilienne n’est en rien comparable au Japon, mais elle est tout de même supérieure à celle du Royaume-Uni ou du Mexique. Et le Brésil, malgré une conjoncture défavorable, continue d'investir et attire la matière grise, ou en tout cas les entrepreneurs, et continue de porter ainsi les espoirs des pays industrialisés comme levier de leur économie respective. Le Brésil, qui tend toujours à concurrencer les USA, l’Europe et la Chine, ne cesse d’attirer une main d’œuvre qualifiée essentielle à son développement ; notamment grâce à ses programmes entrepreneuriaux comme Start-up Brésil ou SEBRAE.

Le Japon, 5ème pièce de l’échiquier

C’est donc dans l’optique d’intégrer le groupe et de suivre, sinon faire mieux, le modèle brésilien afin de retrouver sa croissance des années passées que le Japon se cherche un Jobs. Mais le Japon dispose d’un avantage considérable sur le géant d’amérique latine. Quand le Brésil manque cruellement de main d’oeuvre qualifiée, le japon l’a à disposition et peut donc se reposer sur son système éducatif, et non sur l’importation de matière grise. Sa tendance portée vers l'élitisme est l'atout qui peut lui permettre d'effacer les aspirations brésiliennes ; à condition toutefois de sortir de leur prisme que l'écolier japonais apprend plus à mémoriser qu'à penser. Car S. Jobs était avant tout un penseur, un rêveur, un visionnaire...

Lundi 9 Juin 2014 La Rédaction