Dimanche 16 Décembre 2018

Rubrique Economie

Les investisseurs étrangers ont boudé la France en 2013

Les investisseurs étrangers ont boudé la France en 2013

S’il est des pays dont l’investissement étranger a augmenté, il n’en va pas de même en France. Bien au contraire. Les investisseurs se détournent de plus en plus de l’hexagone qui, jusque là, n’aperçoit aucune lumière au bout du tunnel.

L'investissement extérieur direct plonge de 77% (en valeur) pour la France en 2013

77% de moins que 2012. Tel est le pourcentage de la variation de l’investissement direct étranger en France en 2013 selon la Cnuced. Les investissements directs sont tombés à 5,7milliards de dollars (4,1Mds €), disparaissant du même coup du palmarès des 20 premiers pays récipiendaires de l’IDE. Notons par ailleurs que l’IDE a connu un accroissement de 11% en 2013, et que même si les pays en développement ont bénéficié de plus de la moitié des investissements, cela n’a pas empêché l’Europe d’accroître son IDE de 37,7% sur cette année. L’Espagne voisin a, par exemple, connu une augmentation de 37% pendant que l’Allemagne a vu son IDE quadrupler. Ces chiffres annoncés par la Cnuced prennent en compte les opérations financières à l’exemple des fusions et acquisitions, ainsi que des flux financiers au sein du même groupe, qui représentent la principale part de l’IDE. Il faut néanmoins rappeler que ces données fournies par la Cnuced sont très volatiles. L’année passée déjà, l’organisme avait commis une erreur dans l’estimation de l’IDE reçue par la France avant de se reprendre. Néanmoins, leurs chiffres sont pour le moins alarmants.

Les causes de la baisse de l’investissement direct étranger en France

Ces causes ont été avancées par les grandes filiales étrangères installées en France. Ces dernières avouent avoir de plus en plus de mal à convaincre leurs sièges d’investir en France. Les sièges mondiaux ont en effet mis la France "sous observation". Plusieurs raisons sous-tendent cette méfiance vis-à-vis du pays. L'Hexagone serait en effet pénalisé par son environnement législatif et réglementaire complexe et instable. L’inflexibilité de son droit du travail, la longueur, la complexité et le caractère aléatoire des procédures de restructuration, les coûts élevés par rapport à d’autres pays et la culture de méfiance vis-à-vis de l’économie de marché sont autant de facteurs qui rendent les investisseurs réticents à s’y engager. De plus, les avancées "significatives" faites par la France, notamment en matière de compétitivité, de l’emploi, ou du programme d’investissement par exemple, la rapprochent des standards internationaux, mais n’arrivent pas encore à convaincre les investisseurs étrangers.

Ceux-ci seraient plutôt intéressés par d’autres types de mesures, qui seraient des messages forts lancés à leur endroit. Il s’agit entre autres de :

  • L’assouplissement, au niveau social des procédures de consultation ;
  • L’allègement des aspects pénaux du droit du travail ;
  • La stabilisation et la sécurisation de l’environnement fiscal ;
  • L’accroissement du domaine fiscal ;
  • L'engagement d’une politique efficace d’attraction et de conservation de l’investissement étranger.

La prise de ces mesures, ou tout au moins de certaines d’entre elles, devrait être sérieusement envisagée par l’Etat français, car sa situation en matière d’IDE est non seulement inquiétante, mais peut aussi empirer.

Lundi 3 Février 2014 La Rédaction