Mercredi 12 Décembre 2018

Rubrique Economie

L’Égypte allège ses lois pour attirer les investisseurs

L’Égypte allège ses lois pour attirer les investisseurs

En perte de vitesse depuis 2011, année au cours de laquelle les soulèvements avaient chassé du pouvoir Hosni Moubarak, l’Égypte vient de prendre une importante décision dans le but de faire affluer les investisseurs sur son territoire. En plus de cet allègement de processus, le pays a pu obtenir du Fonds Monétaire International de quoi insuffler une nouvelle vie au secteur du tourisme.

De 600 jours à 30 jours d’attente

Cette mesure concerne surtout les délais d’approbation des entreprises industrielles sur le territoire des Pharaons. L’Égypte a donc jugé utile de réduire cette délai pour favoriser leur implantation. Il faut souligner que les plaintes enregistrées dans ce secteur ne datent pas d’aujourd’hui. En effet, il s’avère que par le passé, avant d’obtenir une approbation, il fallait attendre environ 600 jours, presque deux années. Une lourdeur administrative qui, comme dans la majorité des cas, a des répercussions sur l'ensemble du système économique. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’Egypte s’est retrouvée à la 122e place dans le classement des pays où le climat des affaires est favorable sur une liste de 190. 
 
Selon l’annonce faite au cours d’une conférence de presse par le ministre du Commerce et de l’industrie, Tarek Kabil, désormais il ne faudra patienter que pendant sept à trente jours pour obtenir sa licence. Mais il convient de préciser que cette décision ne s’appliquera pas de manière systématique. Si l’on considère que les nouvelles dispositions concernent près de 80% des entreprises susceptibles d’en faire la demande, les 20% restants devront tout de même se soumettre à un processus de vérification un peu plus poussé. L’État égyptien évoque des risques pour la santé et l’environnement que pourrait engendrer une négligence de sa part.

Un tourisme renaissant, mais toujours à risque

Pour aboutir à un résultat satisfaisant, le pays doit également investir, notamment dans un secteur en perte de vitesse comme celui du tourisme. En effet, depuis les échauffourées de 2011, les touristes se sont raréfiés. Or l’Égypte est un pays à fort potentiel touristique. À ce propos, Le Caire a pu obtenir un financement de 12 milliards de dollars du FMI sur une période de trois ans. Le pays espère en tout état de cause pouvoir renverser la vapeur en couplant ces deux facteurs, notamment le tourisme et les délais administratifs.
 
Mais de toute évidence, il faudra que les dirigeants fassent un peu plus d’efforts notamment sur le plan de la sécurité. En avril dernier, deux églises coptes situées à Tanta et en Alexandrie ont été la cible d’un attentat. Un acte criminel revendiqué par Daech et qui avait fait un total de 44 morts et 120 blessés. Il est certain que le pays est en période de regain du point de vue de ses activités touristiques, mais la sécurité reste son maillon faible.

Mardi 15 Août 2017 La Rédaction