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Le cas de Huawei au cœur des discussions d'une délégation américaine à Londres

Le cas de Huawei au cœur des discussions d'une délégation américaine à Londres

Ce lundi, une délégation américaine composée de plusieurs hauts responsables américains était attendue à Londres. Cette délégation doit rencontrer des responsables britanniques sur le cas Huawei et sceller l’exclusion du territoire de la Grande-Bretagne de l’équipementier chinois. Ce dernier a annoncé en fin d’année 2019 qu’il comptait déployer sa technologie de la 5G sur le sol britannique.

Une délégation américaine à Londres à quelques semaines du Brexit

Selon les révélations faites dimanche par deux sources proches du dossier, Matt Pottinger, officiellement Conseiller adjoint à la sécurité nationale de Trump, a probablement fait partie de la délégation qui était ce lundi à Londres.

C’est à peu près tout ce que l’on sait quant à l’identité des hauts responsables américains faisant partie de cette délégation qui essaie de convaincre les autorités britanniques d’exclure Huawei, l’équipementier chinois, de son territoire alors qu’il prévoit de déployer sa technologie de la 5G sur le sol britannique.

Les deux sources ont également précisé que cette mission était organisée depuis déjà quelques semaines. Elle intervient alors même que la décision de sortie de la Grande-Bretagne de l’UE est attendue d’ici à la fin du mois de janvier.

Dans une déclaration au média britannique Sunday Times, Ben Wallace, ministre britannique de la Défense, a affirmé que la Grande-Bretagne a été menacée par Donald Trump et ses conseillers. Ils menacent de suspendre la coopération dans le domaine du renseignement si Londres autorise Huawei à développer sur son territoire sa technologie de téléphonie de 5e génération.

Suspicion fondée ou véritable acharnement ?

Le géant chinois, numéro 1 mondial des télécoms avec un chiffre d’affaires estimé à 93 milliards de dollars en 2017, essuie des accusations de fabrication d’équipement à des fins d’espionnage pour le compte du gouvernement chinois. Des accusations farouchement démenties par Pékin et Huawei et qui, pour l’heure, n’ont pas encore été étayées par les États-Unis avec des preuves concrètes.

Les États-Unis n’exagéraient-ils pas les accusations d’espionnage contre Huawei ? C’est la question que les autorités britanniques se sont posées il y a quelques mois au moment d’accorder une autorisation à Huawei pour le déploiement de la 5G. Au mois de février 2019, la Grande-Bretagne avait porté un coup dur à son allié américain.

A l’époque, la National Cyber Security Center (NCSC) était parvenue à la conclusion qu’il était possible d’atténuer les risques liés à l’intégration de l’infrastructure 5G de Huawei. Un rapport avait été produit à cet effet, rejoignant les déclarations de Robert Hannigna, l’ex-chef du renseignement de la Reine. « La NCSC n’avait jamais trouvé la preuve d’une cyberactivité malveillante de la part de l’État chinois par le biais de Huawei ». « Toute affirmation selon laquelle toute technologie chinoise faisant partie d’un réseau 5G représente un risque inacceptable est absurde », avait-il déclaré au Financial Time.

Membre des « Five Eyes », un organisme de renseignement regroupant les États-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Canada et l’Australie, la Grande-Bretagne avait jusque-là suivi à la lettre les recommandations américaines. Londres est désormais le seul à faire barrage, puisque l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont d’ores et déjà adopté une législation anti-Huawei alors même que le Canada retient en résidence surveillée la CFO de Huawei depuis plus d’un an.

Lundi 13 Janvier 2020 La Rédaction