Mercredi 12 Décembre 2018

Rubrique Entreprises

Le Candy crash

Le Candy crash

Après un mauvais trimestre, les actions de Candy Crush Saga ont connu une perte de valeur historique. Vu les réserves qu’avait soulevées l’introduction en bourse de la société, de nombreuses questions se posent quant à la pérennité de la société et des créateurs de jeux axés smartphone.

Quelques mois après son introduction en bourse, King Digital, l’éditeur du jeu Candy Crush, voit ses actions s’effondrer à la NYSE. Quelles sont les dessous de cet effondrement et surtout, les analystes ayant émis de vives critiques lors de l’introduction en bourse de la société avaient–ils raison ?

Un mauvais trimestre à la base de l’effondrement

Les actions de Candy Crush émises à la bourse de New-York ont perdu 24% de leur valeur, ne se cédant désormais qu’à 13.90$. Cette valeur, détrônant les 15.32$ enregistrés le 13 mai dernier est devenue la plus basse jamais enregistrée depuis l’introduction du King en bourse. A la base de cet effondrement, de mauvais résultats financiers. Au deuxième trimestre, les joueurs ont dépensé environ 611 millions de dollars dans les jeux de la société, soit 30 millions moins qu’au trimestre précédent. Cela représente une diminution d’environ 5%.

Cette diminution s’est manifestée de manière beaucoup plus prononcée au niveau de Candy Crush, le principal produit de la société. Ce jeu n’a enregistré qu’un chiffre d’affaires de 361 millions, ce qui représente une baisse de 16% par rapport au trimestre précédent. Les performances des autres produits n’ont pas su compenser le déclin de celle du jeu phare, remettant ainsi sur le tapis le problème de la grande dépendance de King Digital à Candy Crush. De manière plus globale, si le nombre de joueurs mensuels aux jeux de KDE a augmenté de 1% au cours du trimestre, celui des joueurs quotidiens a diminué de 3%.

Les raisons des mauvais résultats

Le co-fondateur et PDG du King Digital Entertainment, Riccardo Zacconi, a expliqué les raisons de la mauvaise performance du trimestre. Pour lui, elles sont principalement des facteurs extérieurs et la concurrence des autres éditeurs de jeux qui visent le même public que lui. Il a cité entre autres le jeu « Kim Kardashian : Hollywood » qui a connu une croissance très rapide, ainsi que « 2048 », le jeu de casse tête mathématique qui est l’un des plus téléchargés actuellement. Cette concurrence combinée à l’incapacité des autres produits du King à compenser les pertes enregistrées au niveau de Candy Crush ont mené au résultat que nous connaissons. Une diminution des achats est encore attendue par les dirigeants au troisième trimestre de l’année. La reprise n’est prévue que pour le quatrième trimestre, mais en attendant, des dirigeants du King essaient de rassurer les uns et les autres.

L’après effondrement

Même si les résultats de ce dernier trimestre ont été en dessous des espérances, Ricardo Zacconi a assuré que son entreprise continuait à bien performer. Il a en effet enregistré un bénéfice de 165.4 millions de dollars pour un flux de trésorerie net de 161.7 millions. Au point où la société a décidé de consacrer 150 millions de cette trésorerie à un dividende exceptionnel destiné à « améliorer les rendements de ses actionnaires ». Cependant, les analystes voient celui-ci comme un lot de consolation afin d'apaiser des actionnaires qui ne semblent pas rassurés de la situation. Ils réitèrent leurs avertissements et leurs réserves quant à la trop grande dépendance du King à Candy Crush.

Encore plus qu'au début du projet de capitalisation boursière, la question de rentabilité sur le long terme de jeux freemium capables de justifier d'une présence boursière se pose. La fébrilité actuelle ne serait-elle pas que la première étape d'une incompatibilité économique annoncée.

Vendredi 29 Août 2014 La Rédaction