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Le baril de pétrole brut américain passe à moins zéro dollar

Le baril de pétrole brut américain passe à moins zéro dollar

Ce lundi 20 avril 2020, le baril de pétrole new-yorkais est descendu à son plus bas niveau historique. Il est passé sous la barre du zéro dollar lors de la séance du jour, conséquence de la pandémie de Coronavirus actuelle. La crise sanitaire mondiale a plombé la demande qui connaît une chute alors que les réserves américaines ne trouvent pas preneur.

La descente aux enfers pour le pétrole new-yorkais

Pour la première fois de l’histoire, le baril de brut américain a plongé à moins zéro dollar. La descente aux enfers a démarré dès la matinée, avec une perte de plus de 30 %, faisant descendre le prix du baril sous les 13 dollars. À 11h 55 GMT, la perte était de 38 % à 11,04 dollars le baril.

À 16h45 GMT, le WTI (West Texas Intermediate), qui en est à son avant-dernier jour de cotation, s’est littéralement effondré de 57 % environ à 7,82 dollars. La chute a continué jusqu’à descendre sous la barre des 5 dollars. À la fin du mois de mars, il en était à un seuil symbolique de 25 dollars, jamais atteint depuis 2003.

C’est le plus bas niveau depuis 1998. Le contrat devant expirer à la clôture mardi, les détenteurs devaient absolument trouver des acheteurs physiques. Avec le gonflement des stocks américains, les prix ont été tout simplement bradés par certains afin de trouver des preneurs.

Pendant ce temps, le baril de Brent de la mer du nord s’en sortait plus ou moins bien. Considéré comme la référence européenne, il a baissé de 6,05 % à 26,38 dollars vers 12h05 GMT. Pourtant, il a connu de meilleurs jours. En janvier dernier, le baril du  Brent s’échangeait autour des 68 dollars.

Une demande en chute libre

Il y a encore un mois, les spécialistes redoutaient le spectre d’un krach pétrolier. Le prix du baril de pétrole avait alors perdu environ 60 % de sa valeur. Au cœur de la crise sanitaire d’ampleur mondiale due au Covid-19, c’est toute la demande mondiale qui s’est effondrée. Les restrictions et blocages de voyage ont participé à ralentir la demande à travers le monde entier.

Depuis plusieurs semaines, les pays membres de l’OPEP ne parviennent pas à s’accorder sur la réduction de la production. Les désaccords entre l’Arabie Saoudite et la Russie, sur fond de guerre de prix, n’ont pas arrangé les choses. La réunion à Vienne tenue les 5 et 6 mars avait abouti à un non-accord, les deux pays ayant décidé de défendre leurs intérêts respectifs.

Dans cette guerre des puissances, le pétrole américain reste le plus touché. Les États-Unis ont également continué la frénésie de la production de pétrole de schiste. Le cumul entre la surproduction, la baisse de la demande et la baisse des prix a été dévastateur pour les marchés pétroliers.

Un accord arrivé trop tard

L’accord entre les deux pays producteurs de pétrole n’a pas suffi à mettre fin à la crise du pétrole. Trouvé en début de mois, cet accord a permis à l’Arabie Saoudite et la Russie ainsi que d’autres pays producteurs de réduire la production d’environ 10 millions de barils par jour. L’objectif était de stimuler les marchés.

L’accord entre les deux pays producteurs de pétrole n’a pas suffi à mettre fin à la crise du pétrole. Trouvé en début de mois, cet accord a permis à l’Arabie Saoudite et la Russie ainsi que d’autres pays producteurs de réduire la production d’environ 10 millions de barils par jour. L’objectif était de stimuler les marchés.

Pourtant, cela n’a pas suffi à freiner la chute des prix du pétrole. Des analystes avaient alors estimé que les chutes massives de la demande ne seraient pas compensées par les réductions de la production mondiale.

Lundi 20 Avril 2020 La Rédaction