Dimanche 16 Décembre 2018

Rubrique Economie

La Grèce est-elle proche du défaut de paiement ?

La Grèce est-elle proche du défaut de paiement ?

Enfin, c’est fait ! Lundi dernier lors de la réunion de l’Eurogroupe ; contre toute attente, la Grèce a promis, puis honoré mardi ses engagements en versant les 750 millions d’euros dus au FMI. Ces fonds constituent en effet l’acompte du mois de mai sur une créance de 11,5 milliards d’euros. Pour payer le FMI, Athènes a dû suspendre le paiement d’une grande partie de ses factures. Or, les remboursements dans les semaines à venir sont énormes.

Selon le calendrier de remboursement de la dette, après le miracle du 12 mai, la Grèce devra verser au 19 juin un montant total de 1,6 milliards d’euros au FMI. Mais la grande question est : réussira-t-elle un autre miracle en juin ? La Grèce frôle-t-elle le défaut de paiement ? Après la grosse parade du 12 mai, toutes les attentions sont désormais rivées sur la façon dont Athènes va faire face à ses dettes en juin et dans les prochains mois. En effet, au 19 juin, Athènes devra verser au FMI un montant total d’environ 1,6 milliards d’euros échelonné comme suit :

  • 5 juin : 302,5 millions d’euros
  • 12 juin : 340,3 millions d’euros
  • 16 juin : 567,2 millions d’euros
  • 19 juin : 340,3 millions d’euros

 

Outre ces versements qui constituent le principal de sa dette au FMI pour le mois, la Grèce devra aussi verser en juin à cette institution environ 450 millions d’intérêt. Le pays, il faut le souligner, devra également dans les semaines à venir, rembourser 6,7 milliards à la BCE. Or, les caisses de l’Etat sont en souffrances depuis plusieurs mois et malheureusement depuis août 2014, la Grèce n’a plus reçu d’aide de ses créanciers. Yanis Varoufakis, ministre des Finances grec, disait à ce propos lundi, au terme de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, que « la question des liquidités est terriblement urgente pour la Grèce, faute d’accord avec les créanciers ». En mars par exemple, les impayés de l’Etat ont progressé de 10,4% et les arriérés de l’Etat s’élèvent actuellement à 4,43 milliards d’euros environ.

Le passif de la Grèce, comme on peut le constater est colossal et, à moins d’un accord imminent ou de l’adoption d’un ensemble de réformes qui entraînerait la libération par la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) de la dernière tranche de l’aide financière de 7,2 milliards d’euros comptant pour les deux programmes d’aide d’un montant global de 240 milliards d’euros, la Grèce ira à coup sûr vers le défaut de paiement.

Malheureusement, les deux programmes d’aide précités qui ont été enclenchés en 2010 se prolongent jusqu’au 30 juin seulement. En clair, dès le 1er juillet, l’Etat hellénique ne pourra plus, a priori, prétendre aux 7,2 milliards d’euros restant du programme. Or, le déblocage des fonds ne se fera pas automatiquement dès qu’un accord sera trouvé. Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe, souligne à cet effet que « les fonds ne seront versés que lorsque les réformes seront mises en place ». La réunion de l’Eurogroupe du lundi dernier qui devait permettre quelques avancées dans les négociations n’a hélas, pas permis grand-chose.

Athènes semble au pied du mur, les négociations piétinent alors que les prochaines échéances se rapprochent à grands pas. La Grèce trouvera-t-elle une solution pour échapper au défaut de paiement ?

Lundi 18 Mai 2015 La Rédaction