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Crise politique en Europe: Quelles conséquences sur l'économie ?

Crise politique en Europe: Quelles conséquences sur l'économie ?

Une crise politique a toujours un impact important sur l’économie d’un pays. Et quand une crise frappe des grandes puissances comme les Etats-Unis, la Chine ou encore celles de la zone euro, il est sûr que l’économie mondiale en subira les conséquences. L’année dernière, la crise politique en Italie avait secoué l’économie de la zone euro et du reste du monde. La crise persiste en Europe et semble ronger à petit feu son économie même si elle reste localisée. Après l’Italie, l’Ukraine fait actuellement la une de l'actualité avec sa crise géopolitique. Après plusieurs mois de tension, l’économie russe semble tenir le coup tandis que celle de l’Ukraine continue de s’engloutir.

Une association avec l’Union Européenne pourrait être la solution, mais le président Viktor Ianoukovitch avait refusé en novembre dernier l’accord ; ce qui a provoqué sa destitution et l’origine même de la crise qui commence à sévir en Europe de l’est et, par effet de ricochet, sur le continent entier voire même l’économie mondiale.

Impact grave sur l'économie russe

Les partisans de l’association avec l’UE ont dénoncé Kiev d’avoir vendu l’Ukraine à la Russie pour quelques milliards d’euros. De son côté, la Crimée persiste pour son rattachement avec la Russie et avait même adopté une déclaration d'indépendance pour se rapprocher davantage de son pays voisin. L’UE et les Etats-Unis qualifient la stratégie russe et l’attroupement militaire en Crimée d’« invasion ». Les occidentaux menacent de sortir la Russie du G8 si Moscou n’arrête pas son escalade. Ces représailles pourraient se traduire ultérieurement par un blocus envers la Russie sur le commerce. Ses exportations de pétrole, de gaz, ses mouvements de capitaux, ses intérêts en Europe occidentale pourraient en subir les conséquences.

Le marché financier russe n’a pas résisté

La crise pourrait aussi isoler la Russie des investissements étrangers avec des volumes d'échanges et des flux de capitaux restreints. Mais dans l’immédiat, la crise ukrainienne a déjà fait ses dégâts sur l'économie russe, comme l’a souligné le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi à Francfort lors d’une conférence de presse mensuelle de politique monétaire de son institution. Depuis début mars, le marché russe est dans le rouge avec les indices boursiers qui avaient perdu environ 12%. Le rouble présentait un accès de faiblesse face à l'euro et au dollar. Une situation qui a contraint la banque centrale russe à relever son taux directeur afin de rétablir la stabilité financière. Les autres pays voisins pourraient aussi être affectés par la crise ukrainienne. Le secteur énergétique serait le premier à être compromis car la Russie en est, pour rappel, l’acteur majeur.

La crise ronge de l’intérieur

Comme les autres pays émergents, la Russie et sa devise étaient déjà fragilisées par la politique monétaire ultra-accommodante des Etats-Unis. Et avec la crise ukrainienne, le rouble avait craqué par la crainte des cambistes de voir une Russie en faillite. De son côté, l’économie ukrainienne s’est détériorée davantage depuis la dégradation des relations avec la Russie. Les conséquences de la crise seraient surtout d’ordre commercial pour l’Ukraine ; fin janvier, les agences de notation Standard & Poor's et Moody's ont déjà dégradé la note souveraine de l’Ukraine. Le marché financier ukrainien évoluait depuis février avec une nouvelle politique monétaire dite « de précaution » pour limiter les achats de monnaies étrangères.

Craintes des grandes places financières compte tenu des avoirs russes

Depuis le début de la crise ukrainienne, les grandes places boursières européennes et américaines ont vu leurs principaux indices boursiers chuter. Mais une des conséquences les plus inquiétantes de cette crise entre l’Occident et la Russie de Vladimir Poutine est le sort des avoirs russes placés sur ces places boursières. En effet, en cas de tension importante, compte tenu de leur volume, le retrait de ces investissements pourrait engendrer des crises encore plus graves. A Londres, des fuites diplomatiques avancent même que le Royaume-Uni ne devrait en aucun cas soutenir les sanctions commerciales contre la Russie tellement les effets de telles mesures sur le marché financier et les entreprises côtées dans la City seraient importants.

Mercredi 19 Mars 2014 La Rédaction