Rubrique Economie

Combien de temps le prix du pétrole va-t-il rester aussi bas ?

Combien de temps le prix du pétrole va-t-il rester aussi bas ?

Mardi 13 janvier 2015 : le prix du baril de pétrole à la bourse de New York a encore baissé, avoisinant les 30 dollars. Le prix de l’or noir, en chute libre depuis juin 2014, est en train d’atteindre un seuil vraiment critique, plus jamais atteint depuis 2003.

Au sein des grands groupes pétroliers et dans le cœur des investisseurs, une question se pose et se réplique à l’infini : « Pour combien de temps encore le prix du pétrole va-t-il rester aussi bas » ? Mais avant de répondre à cette question, voyons quelques raisons qui justifient cette baisse continue ?

La politique défensive de l’Arabie Saoudite

Tête de proue de l’OPEP, l’Arabie Saoudite exerce une influence considérable sur les cours mondiaux du pétrole. Au sein de l’organisation, elle avait pour fonction principale la régulation du marché pétrolier à travers un ajustement de sa propre production. Mais, avec la montée en puissance des pétroliers de schiste américain qui ont commencé à lui faire ombrage, l’Arabie Saoudite a abandonné sa fonction régulatrice pour maintenir un niveau de production élevé afin de couper court à la concurrence américaine. David Roche, Stratège chez Independent Strategy, dans une interview accordée au CNBC, explique à ce propos : « L’Arabie Saoudite continuera de pomper pour des années encore au besoin, afin d’écraser les producteurs de schiste américain qui résistent toujours ».

En outre, il faut souligner qu’il existe une autre raison qui justifie l’attitude saoudienne : l’Iran. En effet, avec l’accord sur le nucléaire, l’Iran peut désormais augmenter ses ventes de pétrole. Dans ce contexte, si l’Etat saoudien se décidait à baisser sa production pour agir positivement sur le prix du pétrole, la situation tournerait à l’avantage de l’Iran – situation plutôt inacceptable pour l’Arabie Saoudite.

La surabondance de l’offre

Avec l’effectivité de la levée des sanctions internationales contre elle, Téhéran entend faire passer sa production journalière à 2,3 millions de barils. Ceci vient aggraver la surabondance de l’offre et assombrit quelque peu l’horizon quant à l’éventualité d’une hausse prochaine du prix du pétrole sur le marché.

Combien de temps encore ?

Pour l’instant, il est bien difficile d’estimer la durée de cette tendance plutôt baissière des cours du pétrole. Il y a, toutefois, beaucoup de raisons de croire que la crise se prolongera encore sur plusieurs mois.

Jeudi 14 Janvier 2016 La Rédaction