Jeudi 23 Novembre 2017
Rubrique Economie

Le cours du brut va-t-il croître prochainement ?

Le cours du brut va-t-il croître prochainement ?
Si au cours du mois de juillet, le prix du baril avait connu une augmentation, pendant le mois d’août, il est redescendu. Seulement il faut dire que depuis quelques mois, on observe une nouvelle remontée timide du prix du baril qui pourrait durer et devenir plus sensible, selon certains experts. La référence américaine de 50 dollars (light sweet crude (WTI)) est dépassée depuis mai, ainsi que le Brent (référence de la mer du nord).

Quelques raisons pour expliquer le fait

Selon Benjamin Louvet de chez OFI AM, le niveau de production actuel du schiste américain y est pour quelque chose. En effet, si entre janvier et février cette production avait été relancée, il est certain que depuis quelques temps, le niveau de la production ne connaît plus des avancées. Il faut aussi préciser que pour que les producteurs de shale (pétrole du schiste) ne connaissent pas des pertes, il faudrait que le prix du baril soit au moins de l’ordre de 60 dollars, ce qui n’est pas encore le cas. En d’autres termes, les producteurs américains engrangent des pertes sur leurs productions, mais pas pour longtemps visiblement.
 
D’un autre côté, le respect de l’accord de Viennes par l’Arabie Saoudite et la Russie y jouera un rôle déterminant. Selon les termes de l’accord signé le 30 novembre 2016 par les pays membres de l’OPEP et la Russie, les États signataires devaient procéder à une réduction de leurs productions de 1,2 million de barils chaque jour. Cet accord devait normalement prendre fin le 30 juin 2017, mais le souverain d’Arabie Saoudite a effectué à Moscou une visite dont les conclusions font état de ce que les deux États comptent bien prolonger les termes de l’accord de Viennes jusqu’à la fin de l’année 2018. « Nous aspirons à poursuivre la coopération positive entre nos pays en vue de stabiliser les marchés pétroliers mondiaux », avait notamment déclaré le Roi Salmane.
 
Il faut également souligner que la recrudescence des crises dans certaines régions d’Asie, notamment au Moyen-Orient constitue aussi un facteur qui pourrait contribuer à une flambée des prix. « Le marché pétrolier est à nouveau confronté à des risques de dérive des prix, liés au contexte géopolitique », estime l'Institut Français du Pétrole et des Energies Nouvelles qui a ajouté : « Le référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien organisé le 25 septembre a été source d'inquiétude, entraînant des hausses de 3 à 5% des prix des différents pétroles en trois jours. » Le climat de tension entre les États-Unis et la Corée du Nord ne facilite pas non plus les choses. L'Institut Français du Pétrole et des Energies Nouvelles explique : « Le risque porte pour une grande part sur les perturbations potentielles des approvisionnements vers le Japon (4 millions de barils par jour) et la Corée du Sud (2,7 millions de barils par jour) ».

Les investisseurs de moins en moins rassurés

Chaque année, les puits de pétrole perdent environ 5 % de leur contenu. Mais pour que les puits continuent d’être forés, il faut que des investisseurs acceptent d’apporter du financement. A cela, il faut aussi ajouter le fait qu’il n’est pas encore découvert de nouveaux puits de pétrole capable de remettre les investisseurs en confiance. Selon les analystes, la période allant de 2018 à 2019 sera déterminante. « Pour maintenir la production à son niveau actuel, les pétroliers doivent investir 630 milliards de dollars par an selon l'AIE. Or en 2015, ils ont investi 450 milliards de dollars, moins de 400 en 2016 et pour 2017 on arrivera à 450 milliards de dollars. », explique Benjamin Louvet. Il est donc attendu qu’avec ces baisses successives le prix du pétrole continue de grimper pour atteindre 80 ou 90 dollars d’ici à 2019.
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