Lundi 18 Décembre 2017
Rubrique Economie

Crypto-monnaie : La Suisse retire certains fournisseurs du marché

Crypto-monnaie : La Suisse retire certains fournisseurs du marché
La Suisse vient d’emboîter le pas à la Chine qui, avant elle, avait interdit l’utilisation des crypto-monnaies. Quelques-unes de ces sociétés de gestion de monnaies virtuelles ont été carrément interdites pendant que d’autres font toujours l’objet d’une enquête.

« Des pseudos crypto-monnaies », selon la Finma

Selon la Finma, l’institution suisse qui a en charge la surveillance des marchés financiers, il existe ce qu’elle qualifie de « pseudo crypto-monnaie » sur le marché virtuel. Il s’agit de sociétés qui représentent un grand risque de fraude fiscale sur les monnaies virtuelles. Les acteurs de ce type de transactions agiraient sans le consentement et le contrôle des banques traditionnelles suisses. Des inquiétudes qui peuvent trouver leur fondement lorsque l’on tient compte des fonds qui ont été confiés à ces sociétés au cours de ces dernières années. Par exemple, la Finma a rapporté que Quid Pro Quo, une société de gestion de E-coins a pu amasser une somme évaluée à près de 3,5 millions d’euros sur un peu plus d’un an. 
 
Selon les explications de la Finma, les crypto-monnaies ainsi collectées sont sauvegardées sur des serveurs locaux et ne subissent que le contrôle de ceux qui les émettent, donc de la société elle-même. L’institution précise que « cette activité correspond à des opérations bancaires passives et reste illégales tant que l’autorisation prévue par le droit des marchés financiers n’a pas été obtenue ». 
C’est donc pour assurer un meilleur contrôle de ces activités monétaire que la Finma a dû blacklisté trois autres sociétés spécialisées dans les crypto-monnaies en dehors de Quid Pro Quo. Onze autres font actuellement l’objet d’une enquête qui vise à déterminer si les soupçons de fraudes émis contre elles sont avérés.

Le cas de la Chine

Du côté de la Chine, l’argument mis en avant pour interdire l’usage des E-coins est d’une autre nature. En effet, c’est pour mieux contrôler la fuite des capitaux que Pékin a jugé urgent d’intensifier les sanctions contre ce type de transaction. En 2016, la fuite des capitaux de la Chine avait été estimée à 700 milliards de dollars. De ce fait, le pays avait limité les montants convertibles en devise étrangères. Mais c’est là une sanction qui ne s’appliquait pas aux échanges sur internet. 
 
Dans la pratique, c’est le yuan qui sert à acheter des bitcoins, ce qui rendait la nouvelle disposition inopérante. Mais avec cette interdiction, le secteur de la crypto-monnaie a reçu un coup qui lui a valu une chute de 4 %, selon les informations de Bitcoin Price Index. Quand bien même la monnaie virtuelle serait en train de reprendre des couleurs, son niveau reste toujours bien en dessous de celui du début de cette année. 
 
Avec la sanction suisse qui s’ajoute à celle chinoise, c’est un coup dur pour les propriétaires de ces sociétés, dans la mesure où elles représentent, rien qu’en Chine, 98% des transactions mondiales de bitcoins, selon les chiffres publiés par le site bitcoinity.org.
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